La provence | Var - Gorille en espadrilles, le carnet de voyage.

Provence, souvenir du sud de la France

J’entends encore ce chant des cigales. Ce chant fort et impérieux qui a toujours rythmé mes vacances d’été alors que je découvrais doucement le monde.

Saint Cyr sur mer, le voyage d’une autre époque

Santons de ProvenceProvence Alpes Côte d'Azur

Chaque année, nous avions l’habitude de partir au même endroit, dans le Var, dans une des résidences qui surplombe Saint Cyr Sur Mer. Au loin, à l’autre bout de la baie, nous pouvions voir la Ciotat, tout proche du fameux bec de l’Aigle et sa forme très caractéristique et éponyme qui culmine la mer.

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A l’aurore, sur la plage des Lecques, peu de monde pour jouir pleinement de la fraîcheur de l’air et la tiédeur des eaux méditerranéennes. Alors en ces belles matinées d’été, la mer nous appartenait.
D’ordinaire, l’après-midi, nous en profitions pour faire des sorties et visiter un peu la région. D’années en années, nous refaisions souvent les mêmes visites, la magie de l’exploration restait pourtant intacte. Avec un regard d’enfant, je découvrais et redécouvrais les mêmes choses toujours d’une façon bien différente. Les couleurs semblaient changeantes et les sons avaient plus de hauteurs. C’était toujours un délice de retrouver ces lieux remplis de souvenirs, ces milliers de repères perdus dans un véritable bordel spacio-temporelle.

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Aventures au port d’Alon, un début de tour du monde

Tout droit venus de Paris, sur la route des vacances dans le sud, ma tante et ma cousine avaient fait un petit crochet le temps d’une journée, pour venir nous voir.
C’est ainsi que par une belle après-midi, nous étions parti nous promener sur le sentier du littoral qui rejoignait Bandol en passant par le port d’Alon. Sur la route du retour, je marchais avec ma cousine quelques pas devant nos parents. Petit à petit, l’écart se creusait. Vint le moment où nous les avions complètement semé, sans vraiment le vouloir. Cette situation nous amusa et nous nous retrouvions déjà à accélérer le pas. Dans cette insouciance d’une jeunesse un peu folle, nous venions enfin de trouver notre liberté. Une aventure commençait alors, nous étions les petits aventuriers que nous deviendrons plus tard, des voyageurs parmis les voyageurs du monde ! Ce sentiment indescriptible qui me porte encore aujourd’hui et me pousse toujours plus loin. Cette envie furieuse et irrépressible de découvrir chaque parcelle de notre petite planète.
Le chemin était long et escarpé jusqu’à la résidence et nous étions rentré tout deux comme des grands pour rejoindre mon père qui était resté à l’appartement bien au calme ne se doutant de rien. Nous étions fiers de nous, fiers d’avoir su tracer notre propre route. Ce que nous ne nous doutions pas, c’est que quelques heures plus tard, notre fierté allait prendre un sacré coup. Nos mères avaient appelé la police pour déclarer une disparition. Nous avions 7 ans !

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En vacances, les soirées d’été

Ce qui me plaisait le plus, ce sont ces sorties nocturnes que nous faisions. Le soir, on apprend à faire comme les grands, à veiller comme eux et à rompre avec la routine de ces longues semaines d’école ! Je me rappelle encore de cet air frais naissant qui fait tant de bien après une chaude journée à la provençale. Le soir, en rentrant, je refusais de stopper une si belle journée.
– « Non, encore cinq minutes, j’ai besoin de prendre l’air » disais-je.

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Et je restais là, quelques minutes de plus à profiter de la soirée. J’étais sur le balcon et je regardais la mer au loin et toutes ces lumières inonder la baie. J’écoutais attentivement le chant des vagues. Ce va et vient monotone. Le son d’un roulement de tambour qui se perdait dans un crépitement sourd et sans fin.
Puis mon regard s’éloignait du trait de côte, je captais un véhicule perdu sur les hauteurs en train de dessiner des lacets dans la nuit noire. Le paysage alors disparu dans une brume noirâtre réapparaissait tout scintillant pour quelques secondes, avant de s’effacer à nouveau.

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Bandol, aux portes de la French Riviera

Un soir comme un autre à Bandol. Le port est joliment animé par des artisans qui transforment les lieux en une véritable caverne d’Ali-baba : bougies, jouets en bois, bijoux et j’en passe. J’aimais beaucoup flâner le long de ces quais, me fondre dans cette masse, me perdre dans cette chaleur humaine. J’adorais m’arrêter aux différents stands pour voir quel trésor renfermait le prochain stand. Beaucoup vendaient des produits artisanaux et faits mains, ce qui aiguisait d’autant plus ma curiosité. Je me rappelle de ce souffleur de verre qui avait sa place chaque année. Je restais là, pantois, admiratif devant le travail manuel qu’il accomplissait. Quelques secondes lui suffisait pour donner vie à des objets. J’avais rencontré un véritable magicien !
Cette sortie au port, c’était aussi l’occasion de contempler tous ces bateaux, des plus petits aux plus grands ! Une petite balade nocturne qui se terminait au calme sur un des pontons de la marina, les pieds ballants, à écouter le clapotis de l’eau.

Le Castellet, un trésor du sud de la France

Le Castellet est un petit village féodal perché sur les hauteurs, non loin de la mer. Le soir était mon moment préféré pour visiter cette petite cité, ô combien charmante. L’ambiance médiévale qui y régnait me submergeait. D’anciennes et jolies bâtisses tout en pierres se succédaient. Le soir, l’éclairage offrait des couleurs séduisantes à ces pierres d’un autre temps.
Le village renfermait de nombreux restaurants et petites boutiques d’art. J’ai encore très précisément en tête cet énorme babar au fond d’un magasin de jouets. Une peluche que j’ai voulu ardemment pendant toutes ces années. En consolation, je le retrouvais chaque nouvelle année, un peu plus petit et toujours à la même place, au fond, à régner en tout puissant maître des lieux.
Il y avait aussi cette boutique de jouets en bois où je découvrais des jeux insolites que je n’avais jamais vu ailleurs. Chaque jeu avait cette odeur caractéristique du bois vernis, une odeur dont je me rappelle encore très bien aujourd’hui.

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Feu artifice au dessus de la baie de la Ciotat

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Ces soirées, nous les passions aussi régulièrement dans notre résidence où il faut dire que la vue était merveilleuse. Nous passions de longues heures à table et en famille, sans télévision. Oui ! Ca changeait des habitudes et ça faisait du bien. Je me rappelle de ces soirs de 13 ou 14 juillet où nous nous postions sur un sentier de randonnée non loin de la résidence. De là, un panorama très dégagé sur toute la baie de St Cyr où plusieurs personnes étaient rassemblées pour profiter pleinement du feu d’artifice. La mer prenait des teintes dont je ne soupçonnais même pas l‘existence. Ce bleu pourtant si azure d’habitude se revêtait d’or, d’argent, de diamants, de rubis et d’émeraudes. Un grand boom et toutes ces pierres précieuses explosaient à l’unisson dans le ciel et valsaient pour un tour dans l’immensité opaque de la nuit noire. C’est dans un crépitement étoilé que tout disparaissait. Puis le tout réapparaissait dans les eaux comme par magie, quelques secondes de plus. Après la fin du spectacle, mon père était toujours là, à régler sa caméra pour s’assurer d’avoir bien capté toute la scène qui finalement n’avait plus aucun intérêt, après coup, à la télévision.

Calanques de Cassis, la beauté cachée de Marseille

Sur la route qui mène à Marseille, il y a une route que nous empruntions souvent qui sillonne des cols désertiques. Sur ces hauteurs majestueuses, dans un fracas de pierres, impossible d’imaginer que 400m plus bas, le scintillement du bleu de la mer Méditerranée nous attendait.

Randonnées calanques

Et pourtant, ces fjords du sud renfermaient un trésor, d’une beauté sans pareille. Un liquide bleu vert qui scintillait dans une kyrielle d’étoiles en réponse à ce feu ardent qu’est le soleil. La roche accidentelle provoquait un vide abyssale qui n’avait d’autre destin que de plonger dans les profondeurs méditerranéennes. La vue depuis les falaises laissait des portes ouvertes vers l’horizon lointain. Tout comme on regarde un feu ardent, on se plaît à perdre son regard dans une mer calme où rien ne semble se passer mais où tout semble être désormais possible…

Calanques de Port MiouCalanques de Marseille
Calanques Marseille

Le Beausset et les santons de Provence

Depuis la chapelle du Beausset, nous pouvions y voir toute la côte de Bandol en passant par Saint Cyr sur Mer jusqu’aux calanques. De l’autre côté, le massif de Sainte Baume veillait sur Marseille. Impossible d’imaginer que cette si petite chapelle pouvait abriter les fameux santons de provence. Des petits personnages en argiles qui représentent la crèche de Noël, le tout dans un environnement traditionnel et provençal. Le Lou Pistachié, le porteur de bois, le meunier, le tambourinaire, le ravi, le maire, le curé, autant de personnages destinés à représenter toutes les catégories socio-professionnelles de l’époque. Viennent ensuite les animaux puis les accessoires, et c’est là que le paysage prend la forme caractéristique de la véritable provence : puits, roches, garrigues, oliviers, champs de lavande. Une bien belle façon de réchauffer le coeur des familles à l’approche de Noël dans un décor enchanteur.
La nuit tombée, j’aimais juste faire un tour de voiture pour espérer apercevoir la croix du Beausset qui s’illuminait tout de bleue, très loin à l’horizon. Je lui avait donné un petit nom : “la croix bleue”.

La provence, la douceur du sud de la France

J’ai encore en bouche cette délicieuse sucrerie venue d’Aix : les calissons. Une étrange mixture à base de pâte de fruits confits. C’était aussi l’occasion de se perdre dans l’arrière pays, rencontrer des producteurs d’huile d’olive, pour faire le plein. Je me rappelle aussi de ce primeur de fruits et légumes dans le quartier des Lecques, qui vendait les dernières pêches récoltées non loin de là. Des pêches juteuses et excellentes, qui pouvaient parfois renfermer quelques pinces oreilles, le petit plus !
Pour finir le séjour en beauté, nous étions habitué à aller dans cette fameuse pizzeria à la Madrague, une pâte fine cuite au four à bois, un délice tout droit venu d’Italie.

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Sur la route du retour, nous laissions chaque année notre rétroviseur se bleuir au reflet des champs de lavande que nous traversions. Puis vint le chant des cigales porté par le mistral, mélangé à ce goût de terre brune et argileuse poussé par la tramontane. Ces vents essayaient de nous retenir et chaque année à l’approche de l’été, nous les entendions encore nous alpaguer. Puis, nous finissions toujours pas revenir attiré par ce doux chant du sud de la France…

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