Voyage dans le Jura | Franche-Comté - Gorille en espadrilles

Jura, l’immense solitude des hauts plateaux

Lac de Lamoura

A peine je mets un pas dehors que c’est un vent frais et puissant qui nous enlace.
Une longue route désertique longe le lac et semble fuir à la façon d’un reptile vers l’immensité des plateaux jurassiens. Nos souliers martèlent avec dureté les premiers cailloux. Est-ce l’échappée jurassienne dont on m’avait parlé ? Mon regard fixe éperdument ce sentier qui longe le Lamoura, ce petit chemin qui semble sans fin, qui s’enfuit par delà les sapins, au loin vers cet ancien fond océanique. Les plateaux du Jura s’ouvrent doucement à moi…

Les trois lacs

Sur un arbre perché, je sens mon corps flotter dans les airs au dessus d’une forêt de sapin. Une vue plongeante sur des eaux couleurs émeraudes. Ici même, Yann Arthus Bertrand pourrait m’envier ! Nous naviguons sur ce sentier panoramique tels des funambules, les eaux chaudes du Jura nous appellent, plus qu’un pas en avant, avant qu’un ange ne plonge dans les profondeurs du paradis.

carnet de voyage
carnet de voyage
blog de voyageblog photo

Lac de Vouglans

Véhicules, éloignez-vous ou régalez-nous ! Je décidais de fuir et grimper ce circuit de crête, longue route sinueuse adorée par les motards. Non loin, une falaise abrupte se dessine doucement et là apparaît petit à petit le magnifique lac artificiel, 3e plus grand du pays : le lac Vouglans. Une belle retenue d’eau prisonnière de gorges et forêts primitives qui s’étendent à perte de vue.

carnet de voyage

Les cascades du hérisson

Un beau matin, l’eau s’écoule dans le calme d’une forêt enchantée. Des papillons s’envolent et nous tracent la route pour que l’on s’évade à la découverte de ce beau patrimoine naturel. Le monde s’éveille tout doucement dans le creux de mes oreilles. L’écoulement de l’eau jaillit en ondes expulsés dans le vide, j’en percute qu’une infime partie mais j’ai comme l’impression que le ciel se met à me tomber sur la tête. Me voici, nous voilà sur le sentier des cascades !

blog de voyageblog photo

Dôle

Difficile de quitter ce lieu de quiétude isolé de tout ! Difficile de s’extraire d’un monde pure, insouciant, insensible aux peurs et aux complexités de l’être humain. Nous voilà en train de quitter notre petit nuage. La chaleur me prend à la gorge, c’est une descente vers les entrailles de la terre. Puis, je découvre une ville fleurie organisée à merveille le long d’une petite rivière. Balcons agrémentés de toutes les couleurs, l’air frais s’engouffre dans ce passage, l’humidité laissant quelques moisissures à la porte de la maison natale de notre très célèbre chimiste Louis pasteur.

blog de voyageblog photo

Sur la route des villages Franc-Comtois

En cette belle après-midi, je descends les rues pavées d’un petit village jurassien. Je lui donne la main et je suis le ruisseau le cœur léger. La vie semble être si simple à cet instant précis. Les yeux rivés sur l’autre rive, je caresse du regard les vignes qui se perdent dans les collines environnantes. Ici, nous sommes à Arbois, au beau milieu du Jura.

carnet de voyage
carnet de voyage
carnet de voyage
blog de voyageblog photo
blog de voyageblog photo

Entouré par ces mastodontes, je suis pris au piège. Les alpages se referment sur moi ! Le village est englouti, privé de toute lumière. Au loin, je me dirige au fil de l’eau vers l’inconnue. Je suis aveuglément cette petite feuille de chêne qui se laisse aller au gré du vent et de l’eau. Des courants de plus en plus soutenus et c’en est fini, elle chavire dans les profondeurs de ce jardin interdit. Dans un tourbillon, je suis du regard cette masse brumeuse remonter avec entrain la cascade. Sa course se termine dans l’obscurité d’une grotte. Je vois tout d’abord une insaisissable ténébreuse, la seconde d’après une obscure clarté… Il se déroule une longue minute où mon esprit se perd dans les complexités neuronales d’un autre monde. J’imagine un monde étoilé rempli de petites créatures phosphorescentes qui dansent sous le soleil des profondeurs, un nouveau ciel apparaît… Le baume au cœur, je vous prie, veuillez déposer cet onguent sur chaque Homme en ce bas monde.

carnet de voyage
carnet de voyage
carnet de voyage
carnet de voyage

Détour au pays du chocolat

La Suisse surgit de nulle part au détour d’une route forestière qui n’en finit pas. Sur nos quatre roues, j’arbore avec sérénité la douceur des profondeurs des forêts du Jura. Comme emporté par les eaux douces d’une rivière par laquelle l’ombre des sapins se reflète, la nature devient complète et les frontières humaines s’effacent.

blog de voyageblog photo

Sur les contreforts de la dent de Vaulion, j’observe dans le calme les berges bucoliques. Nous suivons un sentier en bordure du lac longeant les habitations toutes plus charmantes les unes que les autres. Rares sont celles qui ne possèdent pas de portillons pour accéder au lac. A quelques mètres du rivage, je prends un peu de recul pour mieux observer les berges. Le soleil dans le dos, je relâche tout mon corps en arrière, la tête hors de l’eau et les yeux rivés vers le ciel, je sens mon corps se projeter en avant comme dans un autre cosmos. Mon cœur se cale sur la vitesse des nuages. La fraîcheur du lac me rappelle que je ne suis pas dans les eaux chaudes de la méditerranée et quel bien fou cela fait. Un vent frais et sec se lève et j’en profite pour me sécher et reprendre la route le cœur léger.

Parc naturel du Haut-Jura

Aucun bruit, seule une route au loin nous rappelle que l’humanité existe encore en ce bas monde. Au bout de ce cul de sac, notre gîte ! Toutes les maisons font face à un grand plateau de prairies vierges et quelques pierres s’entassent ci et là. En toile de fond, derrière ces prairies vallonnées, des épicéas, des sapins et des hêtres se partagent ce décor sauvage. Ici le vent est roi. L’air s’engouffre sur le plateau et se plaît à prendre de la vitesse avant de percuter la prochaine colline et de s’engouffrer avec force dans les feuillus des épineux.

carnet de voyage
carnet de voyage
carnet de voyage
carnet de voyage
carnet de voyage
carnet de voyage
blog de voyageblog photo

Puis ce sont les grillons, les guêpes et les oiseaux qui ajoutent de petits bruits dans ce tourbillon musical. Un enfant joue seul au milieu de la route avec son compagnon. Assis sur son vélo trop petit, il se déplace avec difficulté suivi de son chien qui peine à faire suivre le ballon. Exaspéré, l’enfant se lève et tape dans le ballon pour l’occuper. Pendant ce temps-là, les guêpes continuent leur danse estivale allant d’une fleur à l’autre. Le monde tourne lentement et bien loin des préoccupations des Hommes.

blog de voyageblog photo
blog de voyageblog photo

Je suis en train d’écrire ces quelques jets, les coudes posés sur une vielle table ronde en acier un peu bancale. Le soleil tape chaudement sur ma nuque. Je me demande s’il ne me faudrait pas un sombrero ! Mes pensées tournent au ralenti, je commence à somnoler… Alors que je suis sur le point de quitter ce bas monde pour le monde des rêves, j’entends mon fils qui vient de se réveiller de sa sieste. C’est l’heure de partir en escapade pour de nouvelles aventures !

expand_less

Messages Facebook

Commentaires

Les commentaires sont fermés.