Blog de voyage aux Canaries | Tenerife - Gorille en espadrilles

Tenerife, l’île du printemps éternel

L’île du printemps éternel

Île la plus visitée de tout l’archipel des Canaries, Tenerife est située en plein milieu de l’océan Atlantique, au large du Sahara occidental. Durement acquise par les espagnols, c’est la dernière des îles conquise par les conquistadors !
Nous posons nos valises sur la pointe sud-ouest dans ce que l’on appelle ici l’enfer touristique, le point le plus chaud, là où ont été rassemblé tous les touristes.
Plus généralement, sur l’île, le climat est doux et fort agréable quelque soit la saison de l’année. Les caractéristiques climatiques de ce petit bout de terre sont pourtant très variées suivant la partie que l’on visite : un désert aride et sec en son centre, un climat méditerranéen au sud. Le nord est beaucoup plus frais, le soleil joue fréquemment avec les nuages. A l’est, on y trouve un climat très humide voir presque froid, dans les montagnes de l’Anaga.

carnet de voyage
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Parc naturel du Teide

La route est raide. Il faut grimper jusqu’à 2000 m d’altitude pour trouver le parc naturel du Teide qui surplombe toute l’île. Sur le chemin, des pins apparaissent ci et là, de chaque côté de la route. Le parterre prend des teintes sombres, on peut voir les roches volcaniques surgir des entrailles de la terre ! Brusquement, la végétation disparaît, le sol n’est plus qu’un fracas de roches éboulées jaillies par les éjections d’une planète en fureur. Le paysage est maintenant indescriptible. Bienvenue en enfer ! Il ne manquerait plus que la coulée de lave pour parfaire ce décor apocalyptique.
Après s’être enfoncé un peu dans le parc naturel, les roches volcaniques laissent doucement place à un désert aride, de cailloux et de terre jaunâtre. Un plateau désertique se dessine, la végétation s’y fait rare, quelques plantes vivaces, des cailloux et des gouffres…
En toile de fond, apparaît le volcan, l’emblématique représentant de l’île, le géniteur suprême de toute cette vie ! Troisième volcan le plus haut au monde, c’est aussi le plus haut d’Espagne. Des couleurs surréalistes tirant entre le bleu, le noir, le rouge et le blanc se mélangent non loin du sommet ! C’est presque à croire qu’il crache une poussière étoilée venu de l’espace.
J’ai comme l’impression que nous avons posé un pied sur la lune. Tout est tellement différent de ce qu’on a pu voir jusqu’à présent; définitivement nous visitons un autre monde…

carnet de voyage
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Roque de Garcia

Impossible de louper ce membre de la famille : el roque de Garcia ! Ces cheminées, dressées vers le ciel sont surement là pour rappeler le conduit qui crachait quelques volutes de fumées, il y a maintenant bien longtemps. Ce démon d’un autre temps a définitivement arrêté la fumette; ridé de toute part, il brûle désormais sous le soleil tonitruant du désert canarien. Nous empruntons un sentier qui contourne ces ancêtres de pierre. Il fait chaud, très chaud et l’air qui s’écrase contre notre peau nous assèche et nous brûle. Sur notre passage, nous tombons nez à nez avec un petit ticon — espèce de lézard, mascotte de l’île — qui se délecte d’une micro flaque d’eau à l’ombre de la roche. En ce qui nous concerne, difficile de fuir le soleil…
Un peu plus loin, nous arrivons en haut de la caldeira, la vue est sublime. Je n’ai qu’une envie : faire un grand plongeon dans cet immense chaudron volcanique, déployer mes grandes ailes de rapaces et me perdre dans cette immensité désertique. Nous descendons alors dans cet effrayant trou béant. Chaque pores de la terre brûle encore, à croire que le volcan est toujours actif. Nous remontons la falaise verticale elliptique en zigzaguant. Je m’imagine vue du haut, nous, petites poussières, observant d’une façon méticuleuse chaque interstice de ce paysage lunaire

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Voyage galactique

Ce soir, nous partons à la conquête de la voûte céleste et nous l’avons trouvé : le plus beau ciel au monde. Je me rappelle de tous ces films américains où les étoiles tapissaient le ciel. Même pour m’être perdu dans des endroits reculés de la France, je n’avais jamais vu tel ciel, je me disais que c’était impossible et que ce n’était encore qu’un tour de passe passe réalisé à partir d’effets spéciaux pour nous faire croire une fois de plus au rêve américain. Pourtant, ce soir là, à Ténérife, nous avons trouvé l’interrupteur de ce projecteur sur la beauté du monde.
Alors que nous grimpons tout doucement en altitude avec notre petite Fiat, quelques jeunes gens eux s’amusent à faire du rodéo automobile sur les routes désertiques de l’île. Néon, turbo, les subarus se perdent sur les hauteurs de Tenerife à la vitesse des étoiles filantes. Arrivé dans le parc naturel du Teide, nous venons de quitter de vue les lumières des nombreuses habitations du bord de mer. La lumière s’éteint brutalement ! Nous ne l’avons pas vu tout de suite, mais en nous trouvant ici même, nous venons d’allumer le plafonnier. A la vue de ce spectacle, nous laissons notre voiture sur le bas côté, non loin de tout un tas de hippies qui chantaient les louanges de la paix et de l’amour de notre monde. La tête dressée droit vers le ciel, nous observons la plus belle chose que l’on ai pu voir jusqu’à l’arrivée de notre fils ! Des milliers d’étoiles parsèment le ciel, et surtout, il est possible de distinguer la galaxie d’Andromède. Un décor saisissant qui restera gravé à jamais en moi !

Masca, l’île au pirates

Nous partons de bonne heure en taxi rejoindre le petit village de Masca, perché en haut dans les montagnes. Au son d’une musique latino, le chauffeur nous parle — un peu dans sa barbe — sans que nous ne comprenions grand chose.
A Masca, le village est encore endormi. Perché en haut des nuages, ici le temps semble s’écouler plus lentement, loin des tracas de la vie moderne. Par un petit escalier en pierre, on s’enfonce dans le village par une petite sente qui traverse des jardins suspendus. De hauts palmiers bordent ces petits passages. On glisse tout doucement vers un gouffre sans fin qui nous mène droit vers les eaux tumultueuses de l’océan Atlantique, 300 m plus bas ! J’ai l’impression d’avoir revêtu le costume d’un pirate. Torche de feu en main, après avoir pillé les trésors canarien, je redescends à mon bateau, rejoindre mon équipage qui a pris soin de cacher le navire dans le creux d’une enclave rocheuse.
Nous contournons la roche accrochée à la paroi. Ensuite, nous traversons des champs de roseaux et passons sous des bananiers. Nous escaladons quelques gros cailloux et puis nous nous laissons glisser dans un trou. Enfin, nous suivons une petite rigole remplie d’eau. Le sentier est une véritable aventure, au sens premier du terme. Nous laissons le gouffre derrière nous. Face à nous, notre champs de vision s’élargit et le ciel apparaît derechef. Au loin, nous entendons le son de la mer que nous ne tardons pas à voir apparaître. Tapissé par un sable fin aux couleurs volcaniques, nous restons là quelques instants à attendre le bateau du retour !

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Los Gigantes

Un cigarillo au volant de cette vieille voiture Pontiac Chieftain qui descend la route à pic dans les rues de los Gigantes, le bleu de l’océan en contrebas. Aujourd’hui, le soleil cogne, au loin j’aperçois une falaise de 500 m de haut qui se dresse face à ce petit village côtier aux maisons blanchies par la chaud. Je m’arrête dans un café sur les hauteurs de la ville non loin du port. “Dos cañas, por favor !”. Je reprends tout doucement mes esprits. Mes pensées viennent d’être transportées, baignées dans une ambiance aux notes latinos. J‘imagine les trésors des conquistadors ou des pirates planquées on ne sait où dans les profondeurs de l’île. Pendant ce temps là, nous sirotons un petit verre à l’ombre d’un palmier sur la terrasse d’un café. Quelques minutes plus tard, nous embarquons dans un bateau en espérant apercevoir au moins une baleine. C’est alors que des nageoires sortent de nulle part. Pas seulement une mais plusieurs qui se suivent. Nous pouvons voir baleines et dauphins s’amuser et danser dans les vagues produites par le bateau. Plus loin, c’est dans une mer infestée de méduses que nous nous rafraichissons — très rapidement — avant de rentrer à bon port.

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El Norte

A Icod de Los Vinos demeure le très emblématique dragonnier. Vieux de presque un millénaire, certains, diront que c’est le plus vieil arbre du monde.
Je pensais qu’il me faudrait une longue vue pour le voir de toute sa hauteur , je pensais voir un arbre dont la cime caresserait les cieux. Je pensais qu’il abriterait tous les oiseaux du monde ! Me faudrait-il peut-être une minute pour en faire le tour ? Je pensais tant de choses de cet arbre… Finalement, j’ai vu une vieille mamie bourrée d’arthroses, un vieux monsieur finalement peu chevelu. J’ai vu un vieil arbre qui se repose sur sa canne. J’ai vu le dragonnier de la Orotavia !

La Orotavia, musée en plein air de Tenerife. Les clochers de la ville, les palais grandioses, la place décorée aux milles et unes couleurs. Une ambiance, on ne peut plus espagnole, qui ne nous laisse pas insensible !

A Garachico, on se baigne dans des piscines naturelles dans le creux des roches. Le flot de l’océan est apporté par les vagues. Ces dernières prennent le temps de se chauffer et apportent ce délicieux filtrage naturel. L’eau est limpide et chaude, quel bonheur, les vacances tout simplement !

Puerto de la Cruz, c’est ici que le passé colonial ressurgit avec force et vivacité. Nous traversons les rues de la ville, les immeubles, pour beaucoup, sont agrémentés de balcons au style colonial. L’ensemble est très harmonieux et cela donne du cachet à cette ville qui a malheureusement subit les sévices du tourisme de masse des années 60, comme beaucoup d’îles espagnoles.

Sur la route du retour, nous pique niquons au coucher du soleil sur une belle plage de galets noir. Les vagues viennent se perdent avec fracas contre les rochers. Sur les hauteurs, nous venions tout juste de traverser une route encerclée de champs de bananes. De hauts murs de barbelés, des chiens de gardes, nous imaginions bien des groupes armés postés à chaque entrée prêt à nous bondir dessus. Cette petite route laisse à peine passer une voiture, l’atmosphère est oppressante. Derrière ces remparts, les détenus s’avéraient être de simples bananes, le trésor national ! Irréaliste !

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Anaga, foret de Laurisylve

A peine rentré dans cette forêt, un brouillard se met à s’infiltrer dans les tréfonds de ma conscience. D’ailleurs, il y en a une qui sombre près de moi et ne tarde pas à s’endormir. Nous venons de rentrer dans un univers magique, un monde qui a toujours ce goût d’inexploré. Je venais d’apprendre que cette forêt était l’une des plus vieilles du monde ! Des milliers de bruits d’oiseaux surgissent de toutes parts. Les lauriers sont très rapprochés et quelques sentiers boueux permettent de se frayer un chemin. Un couloir d’arbustes permet de se faufiler entres les branchages. Le lieu est envoûtant, il a quelque chose de mystérieux quand je rabats une branche pour faire un pas de plus en avant. J’ai l’impression que je me déplace dans un rêve. L’humidité est rudement forte, la brume enveloppe à la perfection chaque couloir d’arbustes. Je suis comme dans un vortex spatio-temporel et je me dis qu’au bout de ce couloir je pourrais m’asseoir sur un nuage. Je finis par atteindre un endroit semi-dégagé, les nuages toujours au-dessus de moi, j’ai une vision plongeante, dans un trou béant en direction la côte. Le voyage prend fin ici même !

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The end

Pendant le décollage, cette même fumée nuageuse apparaît pour disparaître lentement dans l’espace infini d’un soleil tout-puissant au pays du printemps éternel…

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